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L'édito du mois de Squaaly 

Sans jouer les Cassandre, cette figure tragique de la mythologie grecque condamnée à connaître l’avenir sans pouvoir le changer, je me souviens que sur la ligne de départ de l’élection présidentielle de 1974, figuraient parmi la douzaine de candidats à l’investiture suprême, outre les deux finalistes Giscard et Mitterrand, à l’autre bout de la corde à linge : René Dumont et Jean-Marie Le Pen. Tous deux revendiquaient sans le savoir, et pour cause, puisque non encore référencé dans nos tablettes, le statut de lanceur d’alerte. Le premier prévenait le corps électoral quant aux risques climatiques, tandis que le second vociférait déjà quant à ceux de l’émigration. Tous les deux ne semblaient pas crédibles et ils ne l’étaient pas au regard des résultats. 337 800 bulletins pour le premier soit 1,32 % des votes exprimés et 190 921, soit 0,75 % pour le second. 

Plus d’un demi-siècle plus tard, en ce début d’automne, alors qu’une nouvelle campagne présidentielle semble exciter le landerneau politique, les propos alarmants de ces deux loosers résonnent de nouveau dans ma tête.

Si le bilan définitif des canicules à répétition de l’été 2026 ne sera dressé que dans quelques mois, et son incidence définitive sur la mortalité connue qu’alors, on doit pour l’instant ne se contenter, comme d’une première pluie après la sécheresse, que d’estimations chiffrées. Les observateurs de Santé Publique France évoquent 8 000 morts supplémentaires, enregistrées au fil des trois canicules successives qui ont marqué notre été. Ce bilan hâtif et ceux plus affinés encore que l’on pourra lire dans les mois à venir, rapportés, juxtaposés aux propos du premier écologiste à se présenter à une élection présidentielle sous cette étiquette leur donnent sens, les valident. Quant aux spéculations alarmistes de l’homme à l’œil de verre concernant l’émigration, si elles ont été reprises et partagées depuis par une descendance qui outrepasse les liens du sang, elles ne sont corroborées elles par aucune donnée chiffrée morbide. Elles ne répondent donc qu’à des frayeurs nocturnes maladives partagées au grand jour par des personnes qui ont oublié que l’amour de leur prochain est le socle de leur croyance, de leur foi. Rien de systémique donc. Pourtant le discours de l’ancien tortionnaire en Algérie a trouvé ici une caisse de résonance qui à en croire certains éditorialistes, en ferait la préoccupation majeure des Françaises et Français. 

Comme me le rappelait une amie cet été, si je ne connais pas les chemins qui mènent au fascisme, j’entends, je sais et reconnais les mots et les mensonges qui le précèdent, l’accompagnent

Octobre 2026

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